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Louis Bruens, historien et expert en marché d’art.

Louis BRUENS, écrivain, historien et expert scientifique en analyse d’œuvre d’art.
16 février 1990 Étude de l’oeuvre de Charles Carson un nouvelle isme… Louis Bruens, UN AVIS ÉCLAIRÉ La peinture au sujet de laquelle je m’exprime ici, que l’on peut aisément qualifier de contemporaine, ne relève ni de l’impressionnisme, ni de l’expressionnisme, ni du surréalisme ou d’autres définitions en « isme » ; elle s’inscrit dans un ordre de valeur totalement différent des tendances, des genres et styles que l’on trouve généralement sur le marché de l’art. À mon avis, il s’agit donc d’une peinture véritablement distincte de tout ce qui s’est fait, et de tout ce qui se fait, à notre époque et depuis longtemps. Tant qu’il y aura des collectionneurs passionnés et des artistes novateurs, les salles de ventes, les galeries d’art, les musées et le marché de l’art resteront en vie. L’artiste ici cité, et dont j’analyse l’oeuvre, appartient à cette race de créateurs que l’on ne découvre qu’après une longue et patiente quête; la mienne dura plus de trente-trois ans. Je savais confusément qu’un jour je serais payé de ma patience et ce jour est arrivé lorsque je vis pour la première fois un tableau de Charles Carson. Instantanément je sus que c’était lui, le peintre, l’artiste, enfin l’oiseau rare que j’avais si longtemps attendu, celui qui m’apporterait joie, plaisir et satisfaction.
![]() Détail : Oeuvre Technique Carsonisme.
Alors que j’atteins l’âge de la retraite, cette peinture nouvelle m’apporte une raison encore de défendre l’art, tant pour sa nature que pour sa valeur de placement et, de par mon expérience, en ce qui concerne les oeuvres de Charles Carson, je ne doute pas un instant de la valeur très prometteuse comme investissement dans un très proche avenir. Devant un tableau de Carson, on ne peut qu’être surpris; puis, lentement, doucement, sans heurt, on le pénètre, on le découvre et l’étonnement du début fait progressivement place au ravissement. Charles Carson n’est pas un peintre non-figuratif tel que le veut cette appellation. Ses tableaux doivent se voir comme un ensemble détaillé de choses connues dont certaines sautent aux yeux tandis que d’autres demandent à être découvertes en cours de contemplation. Aucun de ses objets peints ne sont réellement ou vraiment déformés malgré les apparences plutôt dues à l’effervescence des couleurs, mais soudain, après quelques secondes de concentration visuelle, elles apparaissent dans toute leur réalité. Charles Carson a réellement développé une façon nouvelle de traduire la nature et ses objets d’une manière qui répond parfaitement aux règles de l’esthétique tant sur le sujet de la composition que sur la sonorité chromatique. |
Pour Charles Carson, peindre relève d’un besoin presque viscéral, mais il refuse la complaisance, notamment celle de créer de l’imagerie populaire pour plaire à n’importe quel prix et à n’importe qui. Je me dois de répéter que l’art de Charles Carson n’est pas un art abstrait et s’il est ainsi considéré par certains spécialistes, il leur faudrait ajouter qu’il s’agit d’une abstraction d’un degré bien moindre que l’abstraction pure. Les formes figuratives très reconnaissables sont plongées dans un univers de configurations relativement indéfinies peut-être, mais toujours en relation directe avec les éléments dominants. L’artiste a le droit inaliénable, accordé au créateur, de transformer l’image concrète qu’il voit en une image différente, suscitée par son sens particulier de l’esthétique et Carson ne se prive vraiment pas de cette vérité; il traduit des sensations qui ne sont connues que de lui et tente, dans chacun de ses tableaux, de nous faire partager son univers coloré de rêves, de pensées et d’émotions. Naturellement, je crois que seuls quelques privilégiés de la nature, esthètes de père en fils sans doute, pourront vraiment pénétrer ce monde secret qui habite ce peintre-créateur. Ces gens là ont déjà accepté… de refuser les fades et perpétuelles images peintes, sans résonance et sans joie, qui font pourtant encore les murs de nombreux petits salons de beaucoup de… petites gens. |
Charles Carson s’est imposé une règle de base des ses débuts dans le monde mystérieux de la peinture, c’est-à-dire, vers 1978: celle de ne pas pénétrer le marché de l’art avant d’avoir atteint son objectif : créer une peinture nouvelle et sans ressemblance directe avec un genre ou un style existant ou ayant existé. II s’est donc obligé à plus de 14 années de recherche, d’expérimentation, de discipline, avant de découvrir, sans jamais donner dans la facilité, cette écriture picturale colorée, lumineuse et impétueuse qui est sienne aujourd’hui. Les compositions chromatiques de Charles Carson, puissantes et fascinantes nous rappellent ce qu’écrivait Kandinsky en 1910 dans son « Uber das geistige in der kunst » (Du spirituel dans l’art): La puissance des couleurs, dans un tableau, doit attirer avec force le spectateur et, en même temps, dissimuler le contenu profond. » Les couleurs de la palette de Carson ne dissimulent pas, elles révèlent lentement, avec autant de profondeur, ce qu’elles semblaient cacher au premier abord et réussissent à maintenir encore toute l’attention du spectateur qui, plus ou moins consciemment, poursuit sa recherche d’éléments nouveaux. |



